Les réseaux sociaux dans les entreprises françaises

Les réseaux sociaux dans les entreprises françaises
Type: 
Etude
Date: 
Lundi 30 Mars 2009
Auteur: 
Christophe Toulemonde
Accès: 
Public

Commandée par IBM France, cette étude a été réalisée en février et mars 2008 par JEMM research. Plus de 12 000 collaborateurs dans près de 2 500 entreprises en France ont été approchées pour participer à cette étude. Notre panel, constitué d’une centaine de personnes, a accepté de répondre au téléphone à un questionnaire sur le Web 2.0 et les réseaux sociaux dans les entreprises. L’analyse des réponses a été complétée par des entretiens individuels avec un petit groupe représentatif.

Utilisation Web 2.0

Aujourd’hui, l’innovation dans les technologies de l’information et des communications et leurs usages vient majoritairement du monde du grand public avant d’atteindre la sphère professionnelle. L’apprentissage des nouveaux outils se fait essentiellement à travers le filtre d’un usage à des fins personnelles.  Et, en toute logique, les résultats de cette étude  confirment que les concepts du Web 2.0 et des réseaux sociaux sont connus grâce à la visibilité de l’Internet grand public. Le monde des entreprises commence à s’y intéresser et à étudier comment capitaliser sur ces nouveaux modes communautaires et collaboratifs.

Au travers du prisme d’un usage personnel, les personnes interrogées se posent des questions sur l’apport pour l’entreprise des outils les plus emblématiques du Web 2.0 comme les blogs et les wikis. L’écriture d’un blog prend du temps que l’on ne peut donc consacrer aux autres tâches demandées par l’entreprise. De même, la pertinence des informations issues des blogs doit être validée, l’information dans l’entreprise ne souffrant pas d’erreur ou d’approximation. Les autres outils du Web 2.0 (les étiquettes, leur partages, les flux RSS, les podcasts) sont, par contre, beaucoup moins connus. Ils ne sont utilisés que par une petite minorité.

La majorité des membres du panel valorise les activités collaboratives, travaillant fréquemment en équipe autour d’un projet avec des limites temporelles et géographiques définies. Par contre, le panel s’interroge sur la valeur de ce nouveau concept de partage de pratiques ou d’intérêts dans des communautés formées de personnes que l’on ne connaît pas directement. Dans sa grande majorité, notre panel utilise de manière passive la communauté (inscription à une communauté, abonnement à des flux RSS, lecture de blog), seuls quelques uns aujourd’hui participent activement à l’échange (par les commentaires,  les avis, les évaluations, le partage d’informations). Ramenée dans le cadre professionnel, là où les exemples de succès de mise en œuvre sont encore rares, les questions sur les avantages d’une initiative de création d’une communauté sont nombreuses.

Cette étude confirme que ces concepts, technologies  et outils sont majoritairement adoptés par les collaborateurs les plus jeunes. D’une manière générale, ils utilisent déjà ces outils Web 2.0 et ces applications sociales et participent dans les réseaux sociaux. Ils sont donc naturellement enclins à capitaliser dans l’entreprise sur ces modèles largement intégrés dans leurs nombreuses communautés. Et c’est dans cette génération que l’on retrouve les plus de personnes connaissant et intéressés par ces concepts, là ou les anciens sont plus attentistes

Au-delà de cette fracture technologique de génération, l’analyse des résultats de cette étude a mis en évidence un autre écart de maturité entre les différentes fonctions de l’entreprise. Les collaborateurs des services administratifs, finance mais également des ressources humaines ont une connaissance très limitée du Web 2.0. Ils montrent, en général, peu de curiosité pour ces technologies et concepts.  Au contraire, leurs collègues des fonctions plus exposées au marché, ayant des rapports avec des intervenants extérieurs (stratégie, marketing, ventes, produits) sont plus intéressées par les communautés et réseaux formés avec leurs partenaires, fournisseurs et clients.

Les membres du panel reconnaissent que le changement induit par ces nouveaux modèles de collaboration et de communauté est important et doit être accompagné. Il faut impliquer tous les collaborateurs dans une démarche comprise et acceptée de partage. Le succès de l’initiative de réseau social d’entreprise viendra d’un accompagnement des changements, de la définition de règles de bonne gouvernance et de la mise en place et du suivi des mesures et indicateurs de performance. La sécurité, la confidentialité des données et la dissémination d’informations confidentielles sont identifiés comme étant des domaines de risque majeurs.

Les bénéfices du Web 2.0 et ses réseaux sociaux sont reconnus par la grande majorité des personnes interrogées. Ce n’est pas une distraction pour eux, ni un gadget de la direction informatique. Orienté d’abord vers les partenaires et les clients de l’entreprise, le réseau social doit encore faire ses preuves dans un usage interne comme facilitateur d’interactions dans les communautés, moyen pratique de partage et fédérateur des expertises. Clairement nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’un nouveau modèle de collaboration étendue porté par des outils qui deviendront, dans les deux ans, de plus en plus utiles, voire indispensables au travail quotidien dans les entreprises.