Outsourcing : l’innovation victime du coup de rabot final

 

L’innovation dans les contrats d’outsourcing reste encore victime des achats lors de leurs ultimes pressions.

 

Plus aucun appel d’offres d’infogérance d’infrastructure et/ou d’application n’est émis sans qu’il n’ait une clause « innovation ». Les exigences sont vagues et plutôt tournées vers l’attente de propositions de la part des compétiteurs. Les clients veulent bénéficier de nouvelles technologies et d’aménagements de prix. Pour avoir attendu en vain les propositions des infogérants dans les précédents contrats, ils veulent maintenant contractualiser l’engagement du fournisseur sur cet aspect. Pour faire bien, les candidats y vont de leur chapitre sur l’amélioration continue, l’innovation technologique, l’innovation dans le modèle de service et même dans le modèle financier.

 

Quelques acteurs majeurs du marché ont développé un réel processus qui permet de contractualiser la mise en œuvre d’innovations en accord avec le client. Mais adhérer à la démarche a un coût. Les SSII les plus avancées (Atos, IBM par exemple) maintiennent des structures et des processus de veille technologique, prototypage et évaluation des nouvelles technologies et des nouveaux modèles. Ces structures ont un coût que les SSII entendent faire partager par les clients qui y souscrivent.

 

Plus tard dans la vie du contrat, la mise en œuvre d’un changement innovant demande un investissement. Or dans les ultimes négociations, lorsqu’il faut trouver les derniers 50 ou 100 K€ qui font passer l’affaire, le « coup de rabot » se porte souvent sur le volet innovation. Les acheteurs qui portent leur pression principalement (quand ce n’est pas exclusivement) sur le prix global n’hésitent pas à demander à faire sauter les dispositions relatives à l’innovation qu’ils ne jugent pas essentielles.

 

De façon générale trop d’acheteurs sont aujourd’hui encore mal à l’aise avec les notions de valeur ajoutée métier, de flexibilité et variabilité des périmètres et de la tarification, et de clauses d’accès à l’innovation. Encore un peu d’évangélisation … de la part des DSI avec le support des métiers auprès des acheteurs.