On reconnait un bon ouvrier à ses bons outils…: BYOD

Bon outilLa consumérisation de l’informatique apporte quotidiennement son lot de nouvelles, de discussions et donc son lot de réflexion pour le DSI. En voici une qui doit amener les DSI à préparer une stratégie d’accompagnement : c’est le BYOD !

Le BYOD, traduit en AVOP par l’inventeur du terme bureautique Louis Nauges, c’est le Bring your Own Device (Apporter Vos Outils Personnels) dans l’entreprise.

Nouvelle tendance qui part du principe que, bons ouvriers que nous sommes, nous avons de bons outils. Et ces outils nous voulons/pouvons/devons les utiliser dans notre vie professionnelle.

Aujourd’hui, cette tendance est déjà une réalité dans beaucoup d’entreprises et dans un autre domaine. Si des entreprises fournissent encore un véhicule de fonction pour leur collaborateurs les plus mobiles (ou les plus gradés), la grande majorité d’entre nous utilisons notre véhicule personnel pour des déplacements professionnels que l’entreprise nous rembourse ultérieurement.

Point de vue économique

Alors, il est vrai que ce modèle pourrait être étendu aux outils informatiques, PCs, tablettes et autres smartphones.  Du point de vue économique, le BYOD permet de réduire les budgets d'investissements de la DSI, cette dernière remboursant sur son budget de fonctionnement les frais occasionnés par l'utilisation du matériel personnel. Il réduit la gestion du parc informatique et des licences.  Comme le cloud, ce modèle apporte flexibilité et élasticité, permettant un payement à l'usage. 

Des postulats évidents ?

Il est toutefois basé sur deux postulats qui sont discutables

  1. Nous possédons le modèle dernier cri de la technologie par rapport aux matériels périmés de l'entreprise. A voir mon téléphone et le poste de travail sur lequel j'écrit ce billet, il y a au moins une exception  
  2. Nous sommes plus à même que les experts de l’entreprise de choisir le bon matériel et le bon environnement pour travailler. S’il est vrai que choisir entre Firefox ou Chrome pour accéder à mon mail sur le Web ne me pose pas de problème, je ne suis pas sûr d’avoir toute l’expertise pour choisir la meilleure station de travail qui supporte l’application de conception assistée par ordinateur.

Point de vue de l'entreprise

« Tout le monde ne doit pas utiliser ce type de terminal», me direz-vous. Certes mais dans le large spectre des applications utilisées dans l’entreprise, les quelles n’ont aucun besoin de fonctions avancées ? Quelles sont les processus, tâches et activités (et donc les applications) complétement indépendants qui ne s’intègrent pas avec d’autres processus, tâches et activités ? Le fichier du tableur des résultats des ventes mensuels est-il lisible et ou modifiable sur la tablette ? L’application client/serveur « patrimoniale » de gestion des contrats est-elle accessible à partir d’un poste sous Androïd ?

Point de vue du collaborateur

Sur un aspect plus personnel, j’aimerais pouvoir utiliser mon smartphone personnel iTruc dernière génération pour accéder à mon email. Mais suis-je prêt à accepter les contraintes de sécurité inhérente à une utilisation professionnelle ? Suis-je prêt à accepter que l’entreprise réinitialise à distance mon smartphone avec toutes mes données professionnelles mais également personnelles (photos, musique…) en cas de problème ?

BYOD dans l'entreprise

Le BYOD est probablement un modèle intéressant à la fois pour l’entreprise et ses collaborateurs. Il est probablement un élément important à prendre en compte dans le déploiement de solutions sur le cloud en mettant l’emphase sur l’adhérence minimum entre le terminal employé et l’application utilisée. Le cloud, producteur du service, isole compétement la plate-forme et l'infrastructure du service fourni. Le BYOD, coté consommateur du service, rend nécessaire la banalisation du terminal..

Mais il faut maintenant que la DSI analyse cette demande et mette en place l'infrastructure et les règles de gouvernance adéquats pour supporter sans restreindre les utilisateurs mais sans ajouter une complexité et une augmentation des risques pour l’entreprise.