Quand le dinosaure du XXI siècle impacte Wall Street et les valeurs technologiques (IBM, HP, MSFT)

Quelques faits

1)IBM est devenu la deuxième valeur technologique après Apple, dépassant Microsoft pour la première fois depuis 1996 (Voir note 1)

2) Le cours de l’action d’HP a été divisé par deux en moins d’un an (02/11 : $48, 10/11 $24), là ou celui de Microsoft est resté sensiblement égal et ou celui d’IBM est monté de 30% (02/11 : $164, 10/11 : $177)

Je n’ai aucune prétention d’analyste financier et le yoyo actuel de la bourse me laisse réveur. Pourtant, ces nouvelles financières illustrent bien notre passage d’une époque et ses impacts sur notre environnement. Nous assistons à la fin d’une époque équivalente à la crise K-T qui provoqua l’extinction des dinosaures (Merci Wikipédia pour cette expertise dinosauresque)

Quelques commentaires

1)    La mort du PC C’est la fin de l’époque Client/Serveur et son roi le PC. C’est en 2012 que le PC sera détrôné par les terminaux mobiles pour l’accès à l’Internet comme il avait détrôné le mainframe dans les années 80. Certes, de la même manière que le mainframe est toujours présent dans de nombreuses entreprises plus de 40 ans après avoir été déclaré mort, des PC, avec une CPU puissante et une interface homme-machine confortable resteront utilisés dans des domaines spécifiques comme la CAO ou le développement d’applications.

2) La Transformation d'IBM : De ce constat, IBM a su se transformer. Laissé pour mort à la fin des années 80 et sous la houlette de patrons visionnaires Louis Gerstner puis Sam Palmisano, Big Blue s’est complétement transformé. Ayant donné ses lettres de noblesse à l’informatique personnelle dès 1981, IBM n’a pas hésité à se séparer des activités non génératrices de profits comme les imprimantes bureautiques (vendue à Lexmark en 1991) ou le PC (vendue à Lenovo en 2005)  pour se focaliser sur les activités à forte valeur ajoutée comme le mainfrane ou les processeurs (POWER). Aujourd’hui, IBM tire la majorité de ses bénéfices sur ses activités de services informatiques (rachat de PWC en 2002) et de logiciels d’entreprise très rentables (par exemple rachat de Cognos et Ilog en 2008)

Ces choix stratégiques portent leurs fruits. La compagnie centenaire reste un leader au service des entreprises et de leur transformation dans tous les grands domaines des technologies de l’information  et ses usages.

3) La catastrophe HP : On ne peu pas ne pas revenir sur HP qui accumule depuis quelque temps erreurs sur erreurs, faute à des changements de CEO successifs mais également à un board étonnamment immature. Il suffit de lire dans la presse le récit de l’embauche de Leo Apotheker pour s’en rendre compte.

Ce qui est plus surprenant est qu’HP n’a pas su/pu définir ou expliquer la cohérence de sa stratégie d’évolution (voir note 2). L’étude de la vente de la division Personal System Group, force de frappe de l’entreprise et aujourd’hui génératrice de cash, semble maladroite et bien tardive. Et tous les observateurs recherchent encore la cohérence dans le recentrage de la compagnie sur  le logiciel et la gestion de l’information, mise en évidence par le rachat extrêmement cher d’Autonomy, l’éditeur du moteur de recherche IDOL.  Cette épopée fera un cas d’école pour les étudiants des MBA en illustration de l’impact des innovations de rupture rendues célèbre dans le livre « The Innovator's Dilemma » de Clayton Christensen.  

4) Microsoft dans l’œil du cyclone. Deux tendances lourdes, la mobilité et le Cloud Computing, pousse l’éditeur dans ses retranchements. Comment innover dans ces domaines sans perturber les domaines générateurs de revenu autour du PC?  

Déjà dans ce billet, je notais que le mouvement du cloud a forcé l’éditeur de Redmond à faire évoluer sa stratégie de « Tout sur Windows » à «Cloud Windows », malgré sa rente de situation obtenue avec la suite bureautique et la messagerie. Mobilité, accès et utilisation universels, et guerre des prix auront-ils raison de l’éditeur ? Si les entreprises sont sensibles à la stratégie Software+Service, c’est également par conformisme et pour éviter de prendre des risques inutiles.

De même si l’interface Windows est aujourd’hui un standard sur le PC, l’éditeur doit le faire évoluer pour supporter les Smartphones et les tablettes. La nouvelle interface de Windows 8 risque de faire bien des mécontents. Il suffit pour s’en convaincre de lire les avis des utilisateurs lors de la mise en place du Ruban dans la suite Office.  

Enfin, aujourd’hui Microsoft n’a pas fait ses preuves dans le monde de la mobilité. L’accord avec Nokia lui permet de bénéficier d’une grande base installé pour promouvoir son OS mobile mais la concurrence st rude entre Apple et son iOS haut de gamme et Google et Android.

Note 1 : Ici je ne fais que citer une dépêche publiée cette semaine par Bloomberg. Mais Reuters avait déjà signalé que Big Blue dépassait Microsoft en mai de cette année.

Note 2 : Il faut également rappeler ici que les décisions (PSG, Automomy et WebOS)  ont été « unanimously approved by the board of directors of HP » et que la nouvelle PDG, Meg Withman, n’a pas l’intention de les remettre en cause.