Oracle OpenWorld : Quand le Cloud FUSIONne et SOCIALise

Un petit retour sur les grandes annonces d’Oracle lors de sa conférence annuelle OpenWorld 2011.  Comme d’habitude Larry Ellison a fait un grand numéro d’orateur lors de sa keynote.

Larry Ellison

J’en ai pour ma part retenu 3 points

  • Oracle Fusion Applications : La très attendue (et très retard) suite applicative Fusion Applications est disponible. Construite sur l’infrastructure Oracle (Fusion Middleware), middleware basé sur une architecture de service (SOA) et les standards du marché, cette suite « nouvelle génération » propose plus de 100 modules fonctionnels dans les domaines Finances, Ressources Humaines, Supply Chain, Portfolio Management, Achats et CRM. Les Fusion Applications s’exécutent on premise ou on the cloud.
  • Le Cloud selon Oracle : Après avoir dit que le Cloud n’était qu’un « nouveau nom a tout ce que l’industrie informatique faisait déjà[1] », Oracle rejoint le mouvement/[r]évolution du Cloud en marche en annonçant son propre Cloud public, un environnement Saas (Fusion Apps et les extensiosn) et Paas (services Database, Java, Data et Security sur Fusion Middleware). Basé sur les standards de l’industrie, il supporte l’interopérabilité entre Clouds providers.
  • Oracle Social Network : Elément de la famille Webcenter, il comporte un large éventail d'outils sociaux conçus pour capturer des informations provenant de personnes, des applications d'entreprise et des processus métiers afin de faciliter la collaboration entre les utilisateurs et  les équipes à la fois au sein et entre les entreprises.

Quelques Commentaires :

  • La publicité comparative n’est pas interdite aux US. Cela permet à Larry Ellison de cogner sur ses concurrents Salesfore.com (un environnement fermé et propriétaire) et SAP (un environnement pas innovant).
  • Sur SAP, l’histoire est courte. Fusion Applications doit maintenant faire ses preuves dans les entreprises. Il est facile de comparer l’interface utilisateur d’un tout nouveau produit moderne basé sur une architecture SOA mais qui n’a pas fait ses preuves à une version ancienne d’un logiciel basé sur une architecture 3 tiers client/serveur qui est utilisé par de nombreux clients et en plus d’ignorer les améliorations faites sur la Business Suite de SAP.    
  • La comparaison d’un Cloud propriétaire (APEX, Force.com, Heroku, Appforce…non standards) et du Cloud Oracle basé sur des standards de marché (Java, BPEL, SQL, XML, SOA) est intéressante. Mais sa conclusion est inaboutie : Fusion Applications s’exécute sur tous les Clouds (comprendre Cloud Oracle et Amazon) là ou les applications de Salesforce s’exécutent que sur Salesforce.com .

En effet, je ne suis pas sûr que ces arguments soient acceptables pour trois raisons :

  1. Il y a les standards et leurs implémentations. La portabilité sur le papier n’assure en rien la portabilité réelle (cf les coûts de migration d’un environnement standard (SQL Oracle ou Java Weblogic) vers un autre (SQL DB2, Java WebSphere)).
  2. De plus l’utilisation de services (SaaS) sur le cloud libère les entreprises des contraintes d’infrastructure et de plateforme. L’achat de services en ligne se fait principalement sur des critères métiers (fonctionnalités), de rapidité de mise en œuvre et de coûts. Si la potentielle portabilité ne me semble pas un critère discriminant, par contre un point resté sans réponse concerne la difficile intégration de la solution SaaS avec le SI de l’entreprise.
  3. Enfin, Oracle a passé sous silence l’aspect le plus important du Cloud public : le niveau de service garanti (disponibilité,  performance, fiabilité, sécurité…). On se rappelle les pertes de données ou les interruptions de services de grands acteurs du Cloud. Là encore, peu d’éléments ont été donnés lors des présentations à OpenWorld.
  • Elément manquant dans son offre produits, Oracle ajoute le réseau social comme ses concurrents (Chatter de Salesforce.com, Streamworks de SAP ou Connections pour IBM). Nouvelle tendance importante dans l’informatique professionnelle, l’intégration dans les PGI et les outils de gestion des processus de services de communication, de collaboration et de réseaux sociaux. Les clients d’Oracle doivent étudier cette solution intégrée à leur environnement