Le Front de Libération des Données

Annoncé en juin et probablement éclipsé par l’annonce de Google + , le Front de Libération des Données a annoncé » Google TakeOut.

Explications :

2005, à la préhistoire du nouveau Web, Tim O’Reilly définit le Web 2.0 dans un manifeste aux 7 principes. Le 3eme s’intitule « Data is The Next Intel Inside » que l’on peut traduire par la puissance est dans les données. Il pose la question, toujours d’actualité « A qui appartient les données ? ».

2007 :  Google, par la voie de Marissa Mayer, VP Produits de recherche, reconnait qu’ « avoir accès à une grande quantité de données est souvent plus important que de créer des bons algorithmes ».

2009 : Google annonce le Data Liberation Front, une équipe de développeurs  qui a comme mission :

Les utilisateurs devraient être en mesure de contrôler les données qu'ils stockent dans l'un des produits Google. L'objectif de notre équipe est de rendre plus facile à déplacer des données dans et hors. (Traduction par Google Translate de Users should be able to control the data they store in any of Google's products.  Our team's goal is to make it easier to move data in and out.)

Aux trois questions que devrait se poser tout utilisateur

1.    Puis-je récupérer mes données dans un format ouvert, interopérable et portable ?

2.    Combien cette récupération va-t-elle me couter ?

3.    Combien de temps cela va-t-il prendre ?

cette équipe propose les réponses suivantes :

1.    Oui

2.    Rien de plus que ce que vous payez déjà

3.    Le moins de temps possible

Et le DLF de prévoir des options d’exports des données dans Gmail, Gdocs, etc…

2011 : Google annonce Google Takeout, un service intégré qui permet de récupérer en une seule opération toutes vos données de profil, photos et autres données de Picassa, Buzz, Circles et Contacts.

Quelques commentaires

Ah! le beau marketing des société hightech américaines. Pas sûr que le message atteigne les bonnes cibles, mais il est comme toujours bien emballé !

La portabilité des données devient le prochain champ de bataille entre Google et Facebook. Aujourd’hui, Google a nettement l’avantage, car l’export des données de Facebook n’est ni complet ni exploitable par une application tierce.  

Cette portabilité des données n’est qu’une partie de la problématique plus large de la gestion des données personnelles. Et là, c'est un peu le vide sidéral. Par exemple, ni Facebook, ni Google ne précise comment effacer les données de leurs serveurs.

D’une manière plus générale, cette portabilité et le contrôle des données sont des éléments majeurs d’évaluation des investissements sur le Cloud. Aujourd’hui, les entreprises choisissent leur fournisseur de Cloud sur une liste de critères (sécurité, service, fiabilité, coûts…)  mais doivent envisager le critère de lock-in, c’est à dire évaluer la faisabilité, et le coût d’un changement de fournisseur. Les solutions de Cloud privé, éventuellement externalisé, ont encore de beaux jours devant elles.