La stratégie d’Oracle : Etre Numéro Un !

Lors de la conférence D10 à Rancho Palos Verdes en Californie, Larry Ellison a précisé les objectifs et le plan de marche d’Oracle pour les années à venir :  

« Oracle n’est pas une entreprise de biens de consommations Grand Public comme Apple ou les opérateurs téléphoniques. Par contre, Oracle est fournisseur de logiciels d’entreprises (Oracle est le premier fournisseur des compagnies téléphoniques dans le monde).

 

 

Notre principal concurrent est IBM mais notre croissance est bien supérieure à celle d’IBM :

  •  IBM était leader dans le marché de bases de données, nous sommes aujourd’hui le numéro 1
  • Il était le numéro 1 dans le segment du middleware, nous sommes maintenant numéro 1
  • Il est premier dans le segment des serveurs haut de gamme, nous serons bientôt numéro 1 dans ce segment. »

A la manière des Intox-Désintox politiques fait par les grands journaux d’opinions lors des présidentielles, il est intéressant de regarder d’un peu plus près les affirmations fracassantes de Monsieur Ellison.

Base de données

Oracle est sans contexte le leader de marché des bases de données. C’est aujourd’hui encore sa principale source de revenu. Pour confirmer ses dires, Oracle s’appuie sur un rapport de Gartner qui précise que les bases de données Oracle représentent 48,8% du marché suivi par IBM à 20%.  

Sa confortable avance est menacée par plusieurs facteurs. Ses concurrents affutent leurs armes en livrant des produits aux fonctions similaires, aux performances identiques et surtout à un moindre coût (Voir par exemple, le site Get the facts d’IBM). Autrefois forcé d’accueillir le loup dans la bergerie, SAP favorise les nouvelles installations avec la base DB2 d’IBM et prépare l’arrivée de son propre moteur de données en mémoire Hana. Le cloud computing et ses applications, plateformes et infrastructures en ligne vont probablement ébranler et rebattre les cartes du marché des bases de données sur site. Et enfin, si on en croit les oracles de l’industrie, les Big Data, c'est-à-dire l’explosion des données et leur exploitation, rendent les systèmes de bases de données relationnelles particulièrement caduques.

Middleware

Sur le segment du middleware, les experts ne donnent pas Oracle numéro 1 mais plutôt IBM. Dans une étude publiée l’année dernière, le cabinet IDC précise que le marché du BPM et du middleware continue à représenter une part importante des dépenses informatiques des entreprises. « IBM est le plus important fournisseur sur ce marché, soit près du double de la taille du second Oracle. A la troisième place,  Microsoft représente moins d'un tiers de la taille d'Oracle mais a connu la plus forte croissance. Cependant, à une croissance de 20% en 2010, Microsoft a été la plus forte croissance» sur ce segment de marché. Cette étude est également confirmée par le même rapport de Gartner, cité ici par IBM, qui précise que Big Blue est le premier éditeur de middleware avec 32,1% de parts de marché, le double de celle de son plus proche concurrent [Oracle]. Selon Gartner, IBM a augmenté de 12,4% en 2011, plus rapidement que l'ensemble du marché qui a progressé de 9,9% à 19,4 milliards de dollars.

Serveurs

Enfin sur le marché des serveurs haut de gamme, les ventes de serveurs continuent de plomber les résultats d’Oracle. En juin 2011, ils avaient décliné de 6%, alors que le groupe avait annoncé des prévisions très optimistes, tablant sur une hausse de 6 à 12%. Suite à ces résultats, l'action avait perdu 4% dans les échanges après la clôture de Wall Street. Attendons les résultats de 2012 pour voir si la tendance s’inverse. Mais les études des cabinets comme IDC ou Gartner ne montrent à ce jour pas d’amélioration de la situation pour Oracle.

 

Reste à savoir si la stratégie du tout intégrée, les appliances de données Exadata, d’environnement applicatif Exalogic et d’analytics Exalytics, va réussir à gagner sur l’offre IBM autour des séries P,  des appliances Netezza et des systèmes IBM PureSystems le nouveau concept de système tout intégré qui conjugue réseau, serveur et stockage ou les appliances Hana de son concurrent applicatif SAP.

 

Et vous, que pensez-vous de ces affirmations ?