Adieu Oracle OpenOffice, vive OpenOffice !

La stratégie des éditeurs peut sembler complexe de temps en temps.  

Vendredi 15 Avril 2011, Oracle a annoncé (en catimini) l’arrêt de la commercialisation d’Oracle OpenOffice et de Cloud, produits pourtant annoncés récement (fin 2010).

J’étais en train de finaliser mon dossier sur la bureautique ! Patatras, je dois réécrire le chapitre déjà tourmenté d’Oracle, d’OpenOffice et de LibreOffice.

Il n’est pas inutile de rappeler l’historique de cette famille de suites bureautiques.

  • 1999 : Sun Microsystems rachète la société StarDIvision, éditeur de la suite StarOffice
  • 2000 : Sun Microsystems offre la suite gratuitement à tout le monde, dans le but avoué de faire de l'ombre à Microsoft.
  • 2002 : lancement du projet OpenOffice.org avec le code source de la suite sous licence LGPL
  • 2009 : Oracle rachète Sun Microsystems
  • 2010 : Le projet LibreOffice est lancé par des anciens membres de la communauté OpenOffice.org réunis sous la bannière de la Document Foundation
  • 2010 : Annonces d'Oracle Open Office et Cloud Office

De fait , en décembre 2010, l’éditeur annonçait ses suites bureautiques pour poste de travail, le Web et les mobiles Oracle Cloud Office et Oracle Open Office 3.3.

  • Oracle Open Office 3.3 est basée sur le standard ODF et supporte le format doc de Microsoft. Elle permet aux utilisateurs de partager des documents sur tout type de système. Elle s’intègre aux applications clés de l’entreprise aux travers de connecteurs pour Oracle E-Business Suite et Business Intelligence, Microsoft SharePoint Server, Alfresco et MySQL.
  • Oracle Cloud Office, la version de la suite en mode Cloud, intègre les interactions à partir d’un PC, du Web et des terminaux mobiles

Il semble que la stratégie a changé depuis. Les produits Oracle Open Office 3.3 et Oracle Cloud Office ne sont plus visibles sur le site américain d’Oracle (Oracle Open Office est encore disponible (temporairement) sur le site d’Oracle France mais plus Oracle Cloud Office).

D’après l’éditeur, OpenOffice sera mieux géré par une organisation qui se consacre à servir la grande communauté sur une base non-commerciale.  Oracle annonce qu’il a l’intention de travailler immédiatement avec les membres de la communauté OpenOffice.org et à supporter l’adoption de standards de documents ouverts (ODF)

Alors pourquoi ce revirement ? L’éditeur ne l’a pas expliqué à ce jour. On peut toutefois faire quelques suppositions

  1. Trop de défections de la communauté OpenOffice.org vers la Document Foundation ? S’il est vrai que des grands partenaires avaient annoncé le support de la nouvelle communauté (Google, Novel, Red Hat…), IBM, pourtant partie prenante avec sa suite Symphony basée sur OpenOffice.org, n’avait jamais annoncé sa défection.
  2. Oracle apprend à gérer les investissements dans le logiciel libre hérités de SUN. Après les « dictacts » sur MySQL, les compromis sur Java, l’éditeur s’est peut-être rendu compte que la bureautique n’était pas son cœur de marché et qu’il n’avait pas les ressources humaines, techniques, … nécessaires à investir dans ces suites.

Il reste à ce jour beaucoup d’interrogations et en particulier sur le futur de la division Bureautique ainsi que de l’investissement que l’éditeur compte faire dans la communauté OpenOffice.org.

Sur le plan des deux communautés, il reste maintenant à voir l’évolution des deux fondations et de leur distributions. Il est peu probable que ce segment de commodité qu’est la bureautique puisse supporter deux communautés et deux distributions concurrentes.

Cela complexifie aujourd’hui le choix des entreprises qui désiraient migrer d’une suite bureautique propriétaire à une suite Open Source.