Annonce aux terriens : Oracle a le nuage le plus beau ! Son offre Cloud Public est disponible

Annonce aux terriens : Oracle a le nuage le plus beau ! Son offre Cloud Public est  disponible
Type: 
Note
Date: 
Mardi 12 Juin 2012
Auteur: 
Christophe Toulemonde
Accès: 
Public

Après 7 années de travaux, de nombreuses acquisitions et des milliards d’investissement, Larry Ellison peut annoncer à « la planète Terre » le Cloud le plus complet. Même les martiens nous l’envie.  « Si la plupart des acteurs du Cloud ne proposent que des solutions de niche », Oracle offre « sa suite compète d’applications » (Applications Sales & Marketing, Customer Experience, HCM, Talent Management et ERP - Oracle Fusion Applications) socialisées (Oracle Social Network) et « s’appuyant sur une plateforme basée sur des standards » (Oracle Fusion Middleware).  Lors de l’annonce, Oracle affirme avoir déjà recruté 10 000 entreprise clientes et plus de 25 millions d’utilisateurs.  

Bigre ! Cela mérite d’aller voir de plus près.

1.    Larry EllisonLes conférences de Larry Ellison sont toujours réjouissantes. Pas de langue de bois, ni de parti pris et encore moins de médisances sur la concurrence. L'objectif était, est et sera : "Etre le Numéro UN".Ici c’est d’autant plus intéressant que l’on peut comparer le panégyrique du patron d’Oracle sur son Cloud Computing avec les propos qu’il tenait il y a quelques années lorsqu’Oracle n’avait pas encore de stratégie sur le Cloud.

2.    Un des arguments prouvant la qualité de l’offre est l’investissement d’Oracle  de 7 années de développement pour réécrire complètement ses applications sur une nouvelle technologie. C’est la stratégie Fusion avec les deux déclinaisons Applications et Middleware qui se décline sur le Cloud sur une infrastructure "motorisé" par les machines Exadata et Exalogic, une plateforme construite avec les outils Middleware de Fusion, des services applicaifs (ERP, HR et les nouvelles acquisitions comme Taleo) et le réseau social.

C’est un argument à double tranchant. Bien sûr, les applications nouvelle génération utilisent des architectures, des infrastructures, des logiciels … plus modernes. Mais les clients ne vont pas se précipiter pour installer ces nouveautés. Ils préfèrent éviter de corriger les inévitables bugs des premières versions. De plus, à fonctions équivalentes, la migration des environnements existants vers ces nouvelles applications est difficile à justifier auprès d’utilisateurs. Quels sont les améliorations métiers qui justifient cet investissement conséquent ?

3.    Comme tous ses concurrents, Oracle mise aujourd’hui sur le social computing. Lors de l’annonce, Larry Ellison nous a fait une démonstration (plutôt une simulation) des fonctionnalités. Interactions avec les clients, écoute des flux, publications de massages…. Bref tout ce qui constitue la boite à outil du parfait marketeur 2.0 sur Facebook ou Google + est là.

Aux vues de la démonstration, l’offre d’Oracle semble équivalente aux offres de ses concurrents (Chatter de Salesforce.com, Streamworks de SAP, Connections pour IBM, Tibr pour TIBCO). Oracle met à disposition de ses utilisateurs un outil pour supporter la partie informelle du travail et des interactions avec l’écosystème des partenaires et des clients. Par contre, la partie analyse de ces relations, le Social Analytic qui permet d’analyser les grandes tendances des communautés me semble plutôt simple.

Oracle Social Analytics

4.    Comme  lors d’OpenWorld, Oracle a passé sous silence l’aspect le plus important du Cloud public : le niveau de service garanti (disponibilité,  performance, fiabilité, sécurité…). On se rappelle les pertes de données ou les interruptions de services de grands acteurs du Cloud. Là encore, peu d’éléments ont été donnés lors de la présentation.

5.    Dans le domaine du Cloud, la concurrence est rude mais Oracle est meilleur.

a.   La stratégie Cloud de SAP, reconnu comme le numéro Un de l’ERP sur site est considérée comme inexistante. En paraphrasant le discours d’Ellison, SAP « n’a pas commencé à développer pour le Cloud. Il faudra donc attendre 7 ans. On préparera un slide d’argumentaire pour la session de 2020 ». Acquis à la cause, le public dans la salle a apprécié.

Plus sérieusement, il faut ici comparer deux stratégies d’évolution sur le Cloud. SAP a annoncé une stratégie d’intégration des environnements sur site et sur le Cloud, les services sur le Cloud venant en complément des applications sur site. Oracle lui préconise une stratégie de banalisation. Comme Fusion est utilisé sur site et sur le Cloud, les applications peuvent s’exécuter sans modifications sur les deux environnements.

Il faudra attendre les premiers retours d’expérience pour voir les avantages et inconvénients de chacune des stratégies. Dans tous les cas, l’architecture d’intégration (données, logique métier, workflow, orchestration, processus…) entre l’environnement sur site et celui sur Cloud sera complexe et nécessitera une attention particulière de la part ces clients.   

b.    Salesforce.com  n’est qu’un acteur de niche. Il ne gère que les forces de ventes. En plus, avec son architecture multitenant, il ne gère pas la sécurité des données. Mais, point positif, il gère les données avec la meilleure base de données du marché : Oracle.

Il est clair qu’avec une architecture Multitenant de données, la base de l’applicatif SaaS gère dans le même espace l’ensemble des données de tous les clients. Mais pour accéder et modifier les données de cette base, il faut passer par le service mis à disposition par le fournisseur.

Si l’aspect de la sécurité est fondamental pour le succès des services sur le Cloud, il nécessite une étude un peu plus fouillée que de simples mots marketing jetés en pâture (multitenant, virtualisation…)

c.   WorkdayEnfin, Workday, bien que représentant 1/200eme la taille d’Oracle, a eu l’honneur d’être cité comme un concurrent. Mais, c’est pour critiquer les « erreurs fondamentales » dans ses choix technologiques fait par cette startup (base de données orientée objet (« la seule entreprise du Cloud qui n’utilise pas de base de données [relationnelle] » et interface utilisateur basé sur Flash « qui n’est pas supporté sur les terminaux mobiles »)

Aujourd’hui, Workday a développé une application native pour iOS. Les utilisateurs d’Android peuvent eux utiliser Flash. Workday prévoit une évolution sur HTML5 quand celui-ci sera plus mature.  Quant à la base de données, l’erreur fondamentale d’utiliser une base de données en mémoire permet d’offrir des performances inégalées, comme la base en mémoire de SAP HANA.

Dans la stratégie d’Oracle, cela s’appelle Times Ten ou Exalytics mais il est vrai qu’il est difficile même pour un produit moderne qui a pris 7 années de développement et couté des millions de dollars de s’appuyer sur une nouvelle technologie qui fait de l’ombre au principal produit d’Oracle, sa base de données relationnelle.

Il reste une nouvelle offre intéressante à étudier au-delà des argumentaires marketing de Larry Ellison. J'avais déjà fait quelques commentaires suite à l'annonce Cloud d'OpenWorld. On ne peut que recommander aux entreprises de définir leur stratégie du Cloud à la fois en interne sur un Cloud Privé mais également partagé sur les Clouds Publics et de comprendre leurs besoins en terme d’infrastructure, de plate-forme et de services. Cela s’appelle une démarche d’architecture.